www.puerh.fr... Bientot le premier site francophone dédié au puerh et à la culture du thé!

Le puerh (pu'er) est une famille de thés cultivés depuis plus de 1000 ans dans les hauteurs du Yunnan, au sud de la Chine.

Depuis une dizaine d'années on s'intéresse de plus en plus en Occident à ce thé pour ses bienfaits, notamment son action bénéfique sur la digestion, l'assimiliation des graisses et la baisse notable du taux de cholestérol et de Triglycerides que sa consommation peut occasionner.

Si c'est ce que la grosse industrie et le marketing occidental aura retenu, le thé puerh est cependant en Chine bien plus qu'une simple plante médicinale et jouit d'une culture trés ancienne qui n'est pas sans rappeler celle que nous connaissons en France pour le vin!

Issu de grands arbres à thé, parfois centenaires (et non d'arbres maintenus à l'état d'arbustes comme c'est le cas pour la majorité des thés) les thés puerh sont singuliers par de nombreux aspects, notamment leur capacité à se bonifier avec l'age. Les puerh se déclinent ainsi non seulement en une multitude de millésimes mais aussi selon une grande variété de savoir faire, de traditions parfois trés anciennes, de méthodes de fabrication et de terroirs.

Basés dans le Yunnan, berceau du thé puerh, notre mission et de permettre une meilleur conaissance, une diffusion et une protection de cette culture du thé dont on commence à peine à découvrir la richesse en occident.


Olivier Schneider Fondateur de www.puerh.fr, pour le respect de la culture du thé.


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Bonjour!

Comme le laisse entendre le titre de cet article, j'ai envie de cette semaine de vous parler de la dernière bouilloire à induction dédiée au gung fu cha de Kamjove (demandez moi si vous voulez plus d'article sur le gung fu, ou l'art d'infuser le thé). Ca fait des années que j'utilise quotidiennement et avec beaucoup de plaisir le modèle précédent de la même marque... et je n'ai pu résister à décortiquer cette nouvelle version pour voir ce qu'elle avait dans le ventre!


L'induction qu'est ce que c'est?

L'induction est la technique mise en oeuvre dans les plaques dites "à induction" que l'on trouve dans de nombreuses cuisines, ces fameuses plaques vitro-céramiques qui ne chauffent pas mais qui qui font chauffer comme par magie les casseroles ou les poelles que l'on pose dessus.


1.Plaque à induction Kamjove dédiée au Gung Fu Cha
2-3.Plaques à induction de cuisine par Midea
4.Uttilisation d'une bouilloire à induction pour le gung fu cha

Relativement cher en France, et plutôt intégré dans les cuisines "haut de gamme", c'est un produit très populaire en Chine où les plaques électriques chauffantes tel qu'on les connais en France n'existent pratiquement pas, et on trouve des plaques à induction un peu partout. Mais avant tout l'induction comment ça marche?

L'induction comment ça marche?

Il y'a en effet quelque chose d'assez magique et mystérieux dans l'induction. Une plaque en céramique ou en verre (vitro-céramique), à peine tiède et qui fait fortement chauffer les casseroles que l'on met dessus et les aliments qu'elles contiennent, comment est ce possible?

La plaque à induction se base sur deux propriétés physiques, d'une part les courants de Fouclault aussi appelés courant induit (l'induction), et d'autre part l'effet joule.

Prenons ce qu'on appelle une bobine, un simple fil de cuivre entourant une tige métallique tel une simple bobine de fil de couture. Si, en branchant les extrémités de ce fil à un générateur on fait parcourir dans ce fil un courant alternatif, c'est à dire un courant dont le sens change constamment, se créer un champ magnétique autour de la bobine. Or lorsqu'un objet en métal pénètre ce champ magnétique on observe l'apparition dans ce métal de courants électriques, c'est ce que l'on appelle courants de Foucault ou plus simplement l'induction.

Pour revenir à notre plaque, lorsque celle ci fonctionne la bobine qui se trouve sous la plaque vitro-céramique, traversée par un fort courant alternatif, produit un champ magnétique à la surface de la plaque, qui induit des courants électriques dans le fond de la théière métallique qui est posée dessus. C'est bien tout ça mais ça explique pas pourquoi ça chauffe?


1.Fonctionnement d'une plaque à induction
2.Intérieur de la Kamjove Black Diamound King gongfu (extrait du mode d'emploi)
3.Bobine d'induction de la Intérieur de la Kamjove Black Diamound King gongfu
4.Kamjove Black Diamound King gongfu avec sa théière métallique en fonctionnement

Pour visualiser la situation il faut imaginer le courant électrique induit par la plaque comme une multitudes d'électrons se déplaçant à grande vitesse. Or le fond de la casserole ou de la théière métallique constitue une sorte de frein au déplacement de ces électrons, et ces derniers viennent en quelque sorte buter contre les atomes du métal, ce qui produit un échauffement. C'est ce que l'on appelle l'effet joule et c'est précisément pourquoi alors qu'une plaque à induction ne produit en soit pas de chaleur, tout objet métallique (d'un métal magnétique) présent dans le champ produit par une plaque à induction chauffera. Pour maximiser encore cet effet on fait changer le sens du courant 20 000 fois par seconde (20 kHz au lieux de 50 Hz du secteur) grâce à un transformateur placé dans la plaque. Voilà maintenant me direz vous, pourquoi tant choses complexes alors qu'il suffit, comme c'est le cas dans de nombreuses cuisines française, de faire passer du courant dans une vulgaire résistance électrique pour faire chauffer sa casserole d'eau?

L'induction, les pour et les contre

Ce que l'on apprécie immédiatement avec l'induction s'est son charme. Il y'a quelque chose de magique qui séduit tout de suite et joue incontestablement sur le plaisir que l'on a à l'utiliser, que ce soit en cuisine ou pour faire du thé. Outre cela la technologie de l'induction à plusieurs avantages particulièrement appréciables face à une plaque électrique standard. Tout d'abord la plaque en soit ne chauffe pas, et cela réduit les risques de se brûler, ou de bruler ce qui se trouverait sur la plaque ou à proximité de cette dernière (exemple typique du lait qui déborde sur la plaque tiède sans carboniser). Ensuite la plaque n'a pratiquement aucune inertie, c'est ce qui fait aussi que l'on apprécie plus en cuisine le gaz à l'électricité. Lorsqu'on coupe le gaz ou que l'on étend une plaque à induction, le fond de la casserole s'arrête immédiatement de chauffer, alors qu'une plaque électrique standard reste chaude et ne permet pas un contrôle aussi fin de la cuisson (pour revenir à notre lait, c'est le cas classique du lait qui déborde de la casserole et que l'on ne peut arrêter en coupant une plaque électrique standard).

De l'autre coté l'induction présente très peu d'inconvénient. On lui reproche parfois (en France) son prix d'achat plus élevé qu'une plaque électrique ordinaire ou la nécessité d'utiliser des ustensiles, casseroles, poelles, compatibles, c'est à dire à fond plat et fait d'un métal magnétique (acier, fer, mais pas alu par exemple), eux aussi sensiblement plus cher que le bas de rayon. D'autres (décidasse spéciale à mon ami Julien) lui reprochent enfin le recours aux ondes électromagnétiques, et tout comme certains préfèrent se passer de four à micro-ondes ou d'un routeur wifi, d'autres ne voient pas d'un bon oeil la présence chez eux d'une nouvelle source d'ondes électromagnétiques. Nous vivons en effet aujourd'hui un fort accroissement de l'usage d'ondes électromagnétiques, téléphones cellulaires, wifi, etc, et on peut craindre des conséquences à cette sur-exposition. Après, pour ce qui est des plaques à induction, et bien que certains mettent en garde sur des risques potentiels d'une exposition régulière prolongée, aucune étude semble aujourd'hui confirmer ces hypothèses et si elles sont bien utilisés (utilisation de récipients de matière et taille adaptés) les plaques à induction semblent aujourd'hui ne pas présenter de risques pour la santé.

Bon c'est bien beau tout ça pour la cuisine, mais qu'est ce que ça donne appliqué au thé?

Chauffer son thé par induction!

En Chine, où l'induction est très populaire et accessible, ces plaques ne se sont pas cantonnées dans les cuisines et les amateurs de thé se sont vite intéressés à cette technologie pour chauffer leur eau! Kamjove, un des leaders Chinois de matériel de thé, qui depuis 20 ans produit un vaste panel d'ustensiles et d'appareil électriques dédiés au Gung Fu cha s'est ainsi vite imposé dans le domaine de l'induction appliquée au thé et propose désormais de nombreuses plaques à induction et bouilloires métalliques spécialement conçues pour le gung fu cha.

De nombreux amateurs de thé ne jurent plus que par celà et en Chine les bouilloires à induction se sont vite imposées, notamment dans le domaine professionnel (salon de thé, boutiques, marchés au thé, etc...) où l'on ne voit pratiquement que ça.

Tout comme la plaque à induction de cuisine, on apprécie tout d'abord le charme et l'élégance de l'induction: une plaque en céramique sur laquelle on pose une simple théière métallique dans laquelle l'eau boue comme par magie.

On apprécie ensuite, et pour les même raison qu'en cuisine, l'absence presque totale d'inertie. Il suffit d'appuyer sur un bouton ou de prendre la théière en main pour que l'eau cesse immédiatement de chauffer, comme si la bouilloire était directement posée sur le feu, ce qui est notamment très utile pour conserver de l'eau à la limite de l'ébullition et devient vite un allié appréciable du gung fu.

D'autres enfin mettent en avant la rapidité, l'induction ayant la réputation d'être plus rapide que la résistance électrique. Comme nous le verrons plus tard ce dernier argument se vérifie souvent mais n'est pas vraiment fondé car il se base surtout sur le fait que les bouilloires standards sont généralement moins puissantes qu'une bouilloire à induction. Comme vous le verrez plus loin dans les test que nous avons effectués, à puissance égale (1000W) une bonne bouilloire à résistance offre la même rapidité de chauffe que sa cousine à induction.

Au niveau des critiques négatives, ce que l'on reproche le plus couramment (surtout en occident) à ces bouilloires concerne le bruit et le recours aux ondes électromagnétiques. Au niveau du bruit tout d'abord certains notent la présence d'un ventilateur (pour évacuer la chaleur produite par le système) et semblent être gênés par ce bruit. Si comme tout appareil muni d'un ventilateur (ordinateur portable, etc) la bouilloire en fonctionnement émet nécessairement un léger bruit, ce dernier reste tout de même excessivement discret et, sauf si on exige vraiment un silence absolu lors de ses sessions de thé, n'a rien de dérangeant. Il est d'ailleurs couvert par les gougoutement de l'eau elle même dès que cette dernière atteins les 70 degrés (soit à près à peine 3 minutes de fonctionnement)... si il n'est pas simplement couvert par l'environnement sonore (bruit de la ville, musique, etc)...

Une autre gène sonore souvent relevée en occident à propos de différents modèles de bouilloire (en particulier produits par Kamjove) porte elle sur le terrible "bip" émis par la plaque à chaque fois que l'on presse sur une touche. Les chinois en effet aiment le bruit, les bip bip et lorsqu'on aime boire son thé dans une atmosphère détendue ou méditative ces affreux bip bip qui viennent ponctuer la pression des touches de la bouilloire deviennent vite insupportables. Heureusement le problème a largement été amélioré avec les derniers modèles, et pour les amoureux du silence il y'a moyen d'y remédier assez facilement avec un simple bout de ruban adhésif comme nous le verrons la semaine prochaine.

Pour finir, certains déplorent l'usage d'ondes électromagnétiques, craignent un danger pour la santé, ou une influence néfaste sur le qi de l'eau (l'ame de l'eau en quelque sorte, non mesurable scientifiquement mais auquel certains buveurs de thé accordent une grande importance). Que ce soit la question de la santé ou du qi de l'eau ces craintes ne sont aujourd'hui confirmées par aucune recherche tangibles, et sont finalement plus à ranger dans la catégorie du feeling, de la sensibilité et de l'opinion personnelle.

TEST: Black Diamond King Gongfu, l'ultime plaque à induction de Kamjove

La Black Diamond King Gongfu est le dernier modèle de Kamjove, spécialiste du matériel dédié au gung fu et dont les plaque à induction équipent la grande majorité des établissements de thé en Chine. Elle fait partie d'une large gamme de bouilloire à induction pensées pour le particulier ou le professionnel. Voyons donc ce qu'elle a dans le ventre et en quoi elle se distingue des précédents modèles.

Design, prise en main et fiabilité.

Au déballage on apprécie tout de suite le design soigné de l'objet, son faible encombrement et sa finition. Minimaliste, la "bouilloire" comprend la plaque vitro-céramique de taille réduite et bien finie sur laquelle se trouve les trois boutons et les cinq leds de contrôle, et la théière métallique d'un litre, très légère et agréable à manipuler. En retournant l'appareil on découvre le large ventilateur permettant d'extraire l'air, le tout sur 4 petits pieds de caoutchouc, c'est propre et bien finit.


1.Contenu de la boite de la Kamjove Black Diamound King gongfu
2.Panneau de controle de la Kamjove Black Diamound King gongfu
3-4.Dessous de la Kamjove Black Diamound King gongfu

Coté performance l'appareil, qui par ailleurs respecte les normes ISO9001 sur la qualité et ISO14001 sur l'impact environnemental, se base sur une large bobine à induction sur-puissante pouvant aller jusqu'à 1600W. Contrôlée par un système à microprocesseur couplé à un capteur de température placé sur la surface de la céramique elle est alimentée en 220V 50Hz. Le bon de la chose: elle fonctionne donc parfaitement sur le réseau électrique français. Il est par contre impossible de la brancher sur un secteur à 110V comme on en trouve aux états unis. Il est vrai que c'est pas nécessairement le genre de chose qu'on met dans sa valise quand on part en vacance mais ça aurait tout de même été un plus si cette bouilloire avait pu, comme c'est le cas de plus en plus d'appareils, fonctionner à la fois sur du 220V et du 110V.

L'intérieur de la bête est presque aussi minimal que le panneau de contrôle, une bobine, un circuit de contrôle branché sur une sonde de température, un radiateur et un ventilateur silencieux pour le refroidissement.

A la prise en main on apprécie grandement la simplicité, le coté instinctif et l'ergonomie de la théière. La plaque, dont nous verrons les détails de fonctionnement plus loin, est d'une simplicité effrayante: on appuie sur le bouton ça chauffe, on prend la théière en main ça s'arette pour repartir à peine celle ci reposée sur la plaque céramique. Histoire d'aller jusqu'au bout dans les détails deux poignées ont mêmes étés moulées dans la plaque afin de la porter aisément... pas utile tous les jours mais quand même bien pensé!


1.Intérieur de la Kamjove Black Diamound King gongfu
2.Détail de la théière de la Kamjove Black Diamound King gongfu
3-4.Poignée et prise en main de la théière

La théière est elle aussi très ergonomique. La forme de l'anse, en plastique isolant, est particulièrement bien pensée et, grâce à un ergot sur lequel le pouce ou l'index vient faire levier on manipule avec une aisance déconcertante le kilogramme d'eau que la théière contient. La grande légèreté de la théière (300g) contribue elle aussi à sa grande maniabilité. Son bec fonctionne à merveille, le jet d'eau est franc que ce soit à très faible débit ou à gros jet, et on le contrôle très finement d'un seul doigt grâce à l'ergonomie de la poignée. Le couvercle, muni lui aussi d'un capuchon isolant, est très bien dessiné. Bien qu'il ne soit pas solidaire de la bouilloire il est conçu pour ne pas tomber, même en mettant le bouilloire (vide) la tête en bas! A l'usage on prendra juste garde de toujours placer le trou d'évaculation de la vapeur du coté du bec de la théière et non de l'ance, au risque de se brûler un peu les doigts. Celà aurait pu être réglé par une forme légèrement asymétrique du couvercle qui aurait forcé son orientation. On prendra aussi garde en remplissant la bouilloire de ne pas dépasser la contenance de 1 litre, rendu visible par une marque à l'intérieur de la théière, au risque de faire déborder l'eau bouillante si on utilise la plaque à pleine puissance.

A l'usage on prend vraiment du plaisir à manipuler l'objet. C'est une simple théière, légère, très bien équilibrée, sans résistance ou autre élément à l'intérieur, ça se manipule vraiment comme une théière et s'intègre parfaitement dans sa pratique du gung fu. Il y'a quelque chose naturel à attraper sa théière d'eau bouillante et d'en vider la quantité voulue dans une Xiying ou un gaiwan, c'est fluide et s'intègre vraiment à la dégustation. Outre ce charme de l'usage le peu d'inertie de la plaque, et le mode "garde chaud" deviennent des alliés de poids auquels on ne peut vite plus se passer. Cette bouilloire a clairement été conçue pour la pratique du gung fu et ça se sent!

Dans ce sens il est aussi très appréciable de toujours garder un contrôle total de la bouilloire. Bien que cette théière dite "intelligente" adapte son fonctionnement (puissance, temps de pause) à la situation (température), et qu'elle comporte des modes permettant par exemple de maintenait une eau frémissante. l'usager est toujours prioritaire et garde le contrôle sur la situation. Ce qui est en effet rageant avec de nombreuses bouilloire, et en particulier si on fait du puerh ou du oolong, c'est l'impossibilité d'augmenter la température d'une eau déjà très chaude. Scénario typique avec une bouilloire grand public: plein pot sur la résistance, l'eau arrive à disons 95 degrés (en fonction de l'altitude, voir mon précédent article sur le sujet) ce qui provoque l'arrêt automatique de la résistance. Bien. Lavage, re-lavage, infusion, l'eau dans la bouilloire passe à 85... et là impossible de la réchauffer, la commande de chauffe étant désactivé par le système d'arrêt automatique de la bouilloire. C'est précisément ce que cette bouilloire ne fait pas, tout comme elle ne s'arête pas toute seule, il est possible si on le désire de laisser toute l'eau s'évaporer à pleine puissance, voir de la faire déborder. Il y'a bien sur une sécurité en cas de trop longe inactivité, mais celle ci est vraiment pensée comme une sécurité et non comme une assistance et ne se présente jamais lors d'une dégustation de thé... sauf si on s'en va en laissant la bouilloire tourner.

Coté fiabilité maintenant la réputation de Kamjove, qui s'est fortement imposé dans le milieu professionnel, n'est plus à faire. Pour utiliser quotidiennement et intensivement deux plaques de l'ancien modèle (1000W) depuis plus de 5 ans et leur en avoir fait voir de toute les couleurs, chute, débordement de l'eau en plein fonctionnement, etc, je peux dire que c'est du solide. J'ai tout juste réussi à brûler une théière métallique après l'avoir oubliée de nombreuses fois à vide sur la plaque (la sécurité de l'ancien modèle était moins développée que celle du nouveau).

Vitesse: La première plaque à induction vraiment rapide!

Mais c'est avant tout au niveau de la rapidité de chauffe que la nouvelle Black Diamond King Gongfu bat tout les record, et rend enfin vrai une croyance courante sur la supériorité de la technologie à induction. On entend en effet souvent de par les partisans de l'induction que ce procédé permet de faire chauffer l'eau ou les aliments plus rapidement. Si au premier coup d'oeil ça semble se tenir et que en général une bouilloire à induction est plus performante qu'une bouilloire standard ce n'est pas vraiment vrai et vient surtout du fait que les bouilloires électriques sont en général moins puissantes que les plaques à induction.


1-2.Mesure de la température de la Kamjove Black Diamound King gongfu
3-4.Vitesse de chauffe de la Kamjove Black Diamound King gongfu comparé à d'autres bouilloires

J'ai mesuré en parallèle les performance du modèle induction Kamjove 1000W avec un modèle électrique standard 1000W de la même marque, aussi reconnu comme particulièrement rapide. On remarque des résultats relativement semblables avec même une petite supériorité pour le modèle standard! Jusqu'à ce nouveau modèle les plaques à induction Kamjove, et contrairement à une idée largement répandue n'étaient donc pas plus rapides que leur homologues à résistances. La rapidité exemplaire de cette nouvelle Black Diamond King Gongfu ne vient donc pas en soit de l'induction mais de sa puissance: 1600W contre 1000W pour l'ancienne version, soit 60% de gain!

Les resultat au niveau de la rapidité de chauffe s'en font directement sentir: passage exemplaire de 24 degrés à 92 degrés en seulement 3 minutes 30 (là ou 6 minutes 30 étaient nécessaires avec l'ancien modèle 1000W à fond!).

Chauffer plus vite, consommer moins!

C'est bien beau de faire bouillir son eau en 3 minutes 30, mais vous me direz, 1600W au lieux de 1000W, ça va ce sentir sur la facture d'électricité ça non? Et bien non et tout au contraire!

Comparons la version 1000W avec la 1600W. Pour faire bouillir 1L d'eau avec 1000W d'induction il fallait 1000x6.5 = 6500Wm alors qu'avec 1600W on consomme seulement 1600x3.5=5600Wm, soit 14% d'énergie en moins. Je ne parle même pas des bouilloires électriques bas de gamme du commerce, dont la conception et le faible rendement nécessite le recours à des résistance de 2500W voir parfois 3000W (regardez la prochaine fois que vous passez dans un super marché!) pour des résultats inférieurs en terme de rapidité.

Mais ce n'est pas que dans la puissance que cette nouvelle plaque Kamjove a évolué, plusieurs choses ont étés repensées et différents défauts corrigés.

Nouveautés et correction de défauts

A la page des nouveautés, un nouveau menu, toujours basé sur 2 uniques boutons (hormis le bouton d'alimentation) mais plus pratique, une nouvelle fonction "rapide" qui n'est désormais plus un des modes de fonctionnement de la théière mais peut s'appliquer ou non aux différents autres modes (thé vert, oolong), et de nouvelles sécurités de fonctionnement. La plaque s'arête désormais automatiquement non seulement si la chaleur de la surface devient trop importante (cas typique d'une chauffe trop longe théière à vide), mais aussi en cas d'inactivité prolongée. Enfin a été rajouté une nouvelle sécurité en cas d'usage d'un récipient (théière, casserole, etc) fait dans une matière non adaptée à l'induction! La nouvelle plaque vitro-céramique, de couleur sombre est aussi plus résistante aux marques et taches. Y a été dessiné un cercle qui invite à centrer la théière et à éviter d'utiliser un récipient trop petit, évitant ainsi les pertes électromagnétiques, bien. La théière elle même n'est plus peinte en noir comme c'était le cas dans d'anciennes versions, ce qui évite les terribles odeurs si par hasard on la laissait cramer à vide.

Différents défauts ont aussi étés corrigés. Outre les nouvelles sécurités qui évitent les catastrophes comme la destruction de la théière métallique on peut noter le recours à un ventilateur plus silencieux, les bip bip intempestifs qui ont non seulement été raccourcis en durée mais dont le volume sonore a aussi été largement réduit.

Les différentes fonctions décortiquées.

La Black Diamond King Gongfu propose différents modes de fonctionnement, basés sur une variation de la puissance de la plaque à induction et des temps d'arrêt dans la chauffe pour conserver un pallier de température. Bien que ces fonctions aient étées revues par rapport aux autres versions, on est toujours dans la simplicité, pas de menu, pas d'écran à cristaux liquides, mais seulement 3 boutons pour contrôler facilement les modes de la bouilloire et 5 leds pour voir ce qu'il se passe.

Le bouton central permet simplement d'allumer et d'éteindre la bouilloire. Dès qu'elle s'allume elle passe en mode rapide et commence à chauffer son eau.

Le bouton de droite permet de passer en revue les différentes fonctions, eau bouillante, oolong/puerh, thé vert, garde chaud, chacun de ces modes étant représenté par une des led sur le dessus du panneau de contrôle. On est d'abord surpris que le passage d'un mode à l'autre se fasse de droite à gauche là ou instinctivement on attendrait une lecture de gauche à droite, comme c'était d'ailleurs le cas dans la précédente version. Lorsqu'on y réfléchit c'est en fait assez logique et plutôt une bonne chose que ça ait été changé. L'ordre des led va du moins chaud au plus chaud. Or typiquement à l'usage, on commence par chauffer au plus vite, pour ensuite diminuer ou juste conserver sa température.

Le bouton de gauche, intitulé "rapide" permet pour chacune des fonctions, d'accélérer la chauffe. Dans l'ancienne version c'était une fonction à part (fonction "tout à fond"), désormais on peut appliquer ou non ce mode à chacune des fonctions.

La led du milieu indique tout d'abord que la bouilloire est sous tension. Elle change une première fois de couleur, du vert au rouge lorsque l'induction est en fonctionnement. Lorsque le mode "rapide" est appliqué on note à nouveau un léger changement de couleur (de l'orage au rouge?)... visiblement une tentative d'exploiter au mieux une led bicolore pour en faire une tricolore, il faut bien avouer que le changement est loin d'être évident et que dans la pratique on a aucun moyen visuel de savoir si on est ou non en mode rapide.

Après, en regardant de près la manière dont fonctionne ces différents modes, on se rend compte qu'hormis le mode "garde chaud" qui fonctionne par pallier, les autres modes se contentent de faire varier la puissance de la bobine d'induction, produisant une accélération ou un ralentissement de la vitesse de chauffe mais finissant de toute façon toujours à l'ébulition. Ce sont donc toujours des montées en température, et il faudra arrêter la théière ou passer en mode "garde chaud" si on veut conserver (plus ou moins) une température donnée.


1.Boutons actionant les différents modes de la bouilloire
2.Coubres de température des différents modes
3.Temps pour atteindre l'ébulition en fonction du mode choisit.
4.Consommation électrique en fonction du mode choisit.

Dans le fond ces fonctions ne sont donc pas bien « utiles », 2 minutes 30 secondes en mode rapide produisant la même eau à 70 degré que 5 minutes 30 en fonction oolong... sauf éventuellement pour économiser son énergie et on les choisira donc surtout en fonction du temps que l'on a ou selon ses habitudes pour produire des chauffes plus ou moins rapides.


Bouillir (puissance maximum)
Probablement la fonction le plus utile, il s'agit d'exploiter les 1600W de la puissance de la théière et permet de faire bouillir son eau en moins de 4 minutes. On prendra juste soin de ne pas laisser déborder l'eau, en particulier si on a un peu trop rempli la théière, la plaque ne s'arrêtant pas d'elle même (ce qui comme je l'ai déjà dit est particulièrement appréciable et permet de réchauffer une eau déjà très chaude). C'est à vrai dire le seul mode vraiment utile, surtout si comme cela se fait dans la tradition chinoise on commence par faire bouillir son eau pour éventuellement la refroidir ensuite.

Thé oolong / puerh
Cette fonction, qui consomme entre 800W et 1400W selon que le mode rapide ait été enclenché ou non et semble être faite pour produire une eau à température adaptée au oolong et au puerh. Cependant la plaque ne s'arrétant pas automatiquement à une température donnée, on finit plus lentement mais dans tous les cas à la température d'ébullition. Selon que le mode rapide soit ou non enclenché on atteindra cette ébullition en 8 minutes ou 4 minutes 30. Bref je vois pas forcément le rapport avec le oolong mais c'est un bon compromis entre consommation et rapidité pour un résultat au final proche de la fonction précédente.

Thé vert
Comme pour la fonction oolong il ne faut pas faire aveuglement confiance au nom de ce mode, qui si on laisse sa bouilloire tourner plus de 10 minutes arrivera à ébullition comme dans les autres modes. Proposant cependant une monté en température beaucoup plus lente, mais aussi pratiquement linéaire, ce mode de fonctionnement est très utile pour tatouiller et chercher la température la plus adaptée à un thé sensible ou compliqué... C'est aussi (lorsque le mode rapide n'est pas enclenché) de loin la fonction qui consomme le moins d'énergie avec seulement 200W et sera donc à privilégier dans les cas où on a le temps.

Garde chaud
Autre mode particulièrement pratique, il s'agit avec une alternance de chauffe lente (200W) et de pauses, de conserver son eau frémissante. Plusieurs usage à cela: conserver une eau bouillante, adaptée par exemple au puerh ou au oolong sans faire déborder sa bouilloire et en évitant qu'elle ne parte intégralement en vapeur, ou garder sous la main une eau tiède qu'il sera ainsi possible de faire bouillir rapidement lorsque l'on en aura besoin.

J'ai effectué différents test de fonctionnement de cette fonction. A 92 degré, limite de l'ébullition à Kunming où je vis, celà fonctionne très bien et il est possible de conserver indéfiniment de l'eau stable à limite d'ébullition en minimisant son évaporation et prévenant le débordement. Un essai à 80 degré, pour voir si il était possible de conserver une eau adaptée aux thés délicats s'est pour sa part avéré moins concluent. Si ça permet bien de garder une eau modérément chaude pendant un certain temps, la température a tout de même tendance à monter progressivement, et on finit quand même après un certain temps par avoir une eau bouillante!

Verdict!

On est dans la lignée directe des anciens modèles, dont l'esthétique et l'ergonomie ont étés fidèlement conservés mais par rapport auxquels de nombreux points noirs ont étés corrigés et de nouvelles fonctions et sécurité rajoutées. Au niveau des performances pur c'est très bon, efficacité de chauffe à pleine puissance très bonne avec une consommation électrique limitée. Le large panel de puissances de chauffe répond en quelques sorte à l'éternelle question de choisir une bouilloire qui va vite, ou prendre son temps... on a désormais là tout dans le même appareil et il suffit de choisir selon la situation.

Mais ce n'est pas qu'une bouilloire "efficace" et ce qu'on apprécie en premier lieu dans cet outil, et au delà de préoccupations techniques, c'est qu'il apparaît comme particulièrement adapté au gung fu cha. Le geste est simple, minimal, une théière métallique d'eau bouillante toujours à portée. La prise en main de la théière est exemplaire et permet de doser subtilement le jet d'eau bouillante. La puissance et le peu d'inertie de la plaque permet quand à elle un contrôle fin des montées en températures, et à l'usage c'est vite un allié précieux à ses sessions de dégustation de thé. Mais on peut aller plus loin, car ne n'est pas qu'une question d'être "pratique" et c'est avant tout dans l'approche de cette théière, pensée pour servir le gung fu cha, que je me retrouve parfaitement.

Kamjove présente de façon très commerciale cet appareils comme une "Bouilloire à thé intelligente"... or cette histoire de technologie intelligente me fait doucement rire. Cette bouilloire est stupide un point c'est tout, elle a beau posséder une sonde de température et être pilotée par un micro processeur, elle prend le moins de décisions que possible et c'est justement pourquoi je l'apprécie, car elle constitue ainsi un véritable outil de gung fu, et ne nous impose pas un gung fu assisté par ordinateur! Où irait on si c'était nos bouilloires qui devaient nous apprendre à faire le thé?

C'est en ça que j'apprécie qu'en aucun cas cette bouilloire ne s'arête d'elle même si je lui demande une montée en puissance, qu'elle chauffe à la puissance demandée quelque soit la température de l'eau qui est dedans, qu'elle fonctionne de la même manière pleine ou à moitié vide, etc... Bref un outil conçu pour servir la pratique du gung fu et non l'assister.


1,2.Préparation du thé gung fu à l'aide d'une plaque à induction
2,3.Chauffer son eau au feu de bois, dans la campagne du Yunnan

En allant encore plus loin on peut on peut voir dans la pratique que suggère cette bouilloire quelque chose qui nous renvois au sources du gung fu: faire chauffer son eau sur une théière posée au coin du feu (ce qui se pratique encore dans les campagnes chinoises). En ce sens le high teck auquel cette bouilloire fait appel n'est pas là pour révolutionner la pratique du thé (on est pas dans l'illusion, afficheur digital à l'appui, de contrôler au degré près la température de son eau) mais émule en quelque sorte une grosse bouilloire d'eau que l'on poserait à même un feu de cheminé, que l'on éloignerais plus ou moins de la flamme où que l'on retirerait totalement pour avoir une eau plus ou moins chaude. Et comme lorsque l'on travaille avec une théière en fonte et les flammes d'un feu de bois, il n'y a pas de thermomètre, encore moins de thermostat qui régulerait la température, mais que des montées plus ou moins rapides de température jusqu'à que l'on atteigne l'ébullition, seul seuil de stabilité d'une eau chaude. Et c'est en cela que cette bouilloire malgré son recours à une technologie avancée invite à une vrai pratique du gung fu, à la question délicate et sensible de maîtrise de la température, nous suggère de quitter notre habitude d'être assisté par la machine pour revenir au geste, à la perception subjective du temps, de la chaleur et des arômes.

Peu de choses dans la case des défauts. En cherchant bien on peut noter, bien que le problème ait été grandement diminué, les bip bip des touches qui passent inaperçus dans le paysage Chinois mais dérangeront peut être en occident les amoureux de silence ou des dégustations de thé méditatives. Les utilisateurs de mauvaise foie vivant au sommet d'une montagne ou au fond d'une grotte iront plus loin et seront peut être pour leur part gênés par le bruit du ventilateur... mais là j'avoue que c'est un peu exagéré. Pour chercher un truc à dire je noterais aussi que le câble, comme dans toutes les bouilloires Kamjove, est bien court et nécessite d'avoir une rallonge ou une multi-prise à coté de sa table à thé... ce qui est pas des plus pratique. Après sans que ce soit véritablement des défaut on pourrait apprécier que la plaque fonctionne tant en 220V qu'en 110V et fonctionne donc dans n'importe quel pays, ou que le couvercle soit fait de telle sorte qu'il ne puisse être positionné à l'envers mais c'est quand même loin d'être vraiment gênant.

Maintenant pour les perfectionnistes bricoleurs qui ont la chance de posséder une Black Diamond King Gongfu, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine avec un petit topo pour occuper vos soirées, ou comment en 5 minutes chrono custommer sa Black Diamond King Gongfu avec deux tournevis, un bout de bande adhésive et une paire de ciseaux pour faire disparaître ses principaux défauts!

A la semaine prochaine!

Un grand merci à Loïc, dont la plaque à servi de cobaye ;)
Olivier