Le puerh du mois

Octobre 2016: Hong Tai Chang 2006

Le puerh du mois, une autre manière de découvrir la diversité des thés puerh!



En collaboration avec La cave à puerh et Terre des Thés, nous sommes heureux de vous proposer le puerh du mois, un focus bref et mensuel sur un puerh qui nous a particulièrement marqué.

Jeune puerh brut, puerh fermenté, vieux arbres, arbres sauvages, stockage Hong-Kongais, vieux puerh, etc, grâce à l'abonnement proposé sur le site de Terre des Thés, vous pourrez chaque mois et pour seulement 24€ (ports compris), recevoir chez vous le puerh du mois, en quantité variable selon la valeur et la rareté des thés (une petite galette, 50g à 200g de vracs, ou parfois un ou plusieurs échantillon de 10g), et découvrir ainsi progressivement les multiples facette de l'univers du thé puerh!

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Octobre 2016: Hong Tai Chang 2006 (diaporama)

Comme nous l'avions déjà soulevé précédemment (puerh birman du mois d'avril ou laotien du mois de juin), le puerh ne se limite pas aux frontières du Yunnan. Il est en effet depuis longtemps produit dans une vaste zone recouvrant des pans de la Birmanie, de la Thaïlande, du Laos, de la Chine et du Vietnam. C'est dans cette zone que sont apparus les premier théiers: on y trouve aussi bien les différents peuples qui découvrirent et développèrent la culture du thé que des conditions naturelles communes et de vieux arbres à thé.

Si la majorité des thés produits dans ces territoires restent encore aujourd'hui inconnus et sont principalement des thés de tous les jours consommés localement, ils s'y trouvent également quelques grands producteurs de l'histoire du puerh, parmi lesquels Hong Tai Chang en Thaïlande.

L'histoire de Hong Tai Chang commence à la fin du 19ème siècle au coeur du Yunnan, non loin de Yi Bang durant l'ère des grandes familles de producteurs privés (Hao Ji Cha). Parmi eux, un certain Hong Chang Hao, exportait comme la majorité des producteurs de cette époque une grande partie de ses thés à Hong-Kong et en Asie du sud-est. Pour cela, la voie la plus pratiquée était de transporter la marchandise par la terre jusqu'en Thaïlande le long des célèbres routes du thé, puis de l'acheminer par bateau.

Afin de faciliter ce transport, Hong Chang Hao déménagea en Thaïlande dans les années 1930, où il créa une entreprise de thé sous le nom de Hong Li et la marque Hong Tai Chang. Parallèlement à l'import de ses puerh en provenance du Yunnan, il s'intéresse de plus en plus aux théiers et aux thés issus de la région de Chiang Mai au nord de la Thaïlande. Il intègre alors progressivement ces thés dans ses propres productions.

Durant la seconde guerre mondiale, les routes sont coupées entre le Yunnan et les pays du sud. Il devient alors impossible d'acheminer le puerh vers la Thaïlande et, de là, vers Hong-Kong, Singapour, Macao et l’Asie du sud est. C'est à cette époque que Hong Tai Chang se consacra pleinement à la production de puerh thaïlandais.

Dans les années 50, suite à l'arrivée des communistes au pouvoir en Chine, les grands ateliers privés de puerh dans le Yunnan sont fermés au profit des usines d'état. C'est ainsi que Hong Tai Chang devient un des rares garant des anciennes méthodes de production de ce type de thé. Ses puerh sont de plus particulièrement appréciés et demandés à Hong-Kong et dans les autres territoires d'Asie où une culture de ce type de thé se construit.

Après trois génération successives, Hong Tai Chang ferme, ses descendants n'étant pas intéressés pour reprendre l'affaire familiale. C'est alors que différentes personnes impliquées dans la production du thé, notamment les techniciens responsables des recettes ou de la maturation, prennent la relève en créant leur propres ateliers.

Différents ateliers thaïlandais se revendiquent donc aujourd’hui comme la continuité du Hong Tai Chang original et commercialisent leurs thés sous ce nom. C'est le cas de Lao Lee, un vieux producteur des montagnes de Chiang Mai qui, à la fermeture de Hong Tai Chang, engagera un de ses techniciens clef pour apprendre les techniques de fabrication du puerh de cet atelier mythique. Lao Lee produit depuis des galettes de puerh sous la marque Hong Tai Chang qu'il a officiellement déposé.

Les thés sorties de cet atelier jusqu'au milieu des années 2000 conservent ainsi un certain nombre de techniques héritées du vieil atelier de Hong Tai Chang. Ils nous renvoient au passé du thé puerh et sont particulièrement intéressants pour cela.

C'est le cas notamment de cette galette, sortie en 2006, qui est une des dernières productions « classiques » de Lao Lee Hong Tai Chang avant qu'il ne passe à une approche plus contemporaine, inspirée de ce qui se fait aujourd'hui dans le Yunnan.

Ce thé, stocké sur place par le producteur depuis 2006, est remarquable par sa très grande qualité. Son caractère unique découle aussi bien du terroir spécifique d'où il provient que des méthodes de productions anciennes dont il est le fruit, et de l'excellente maturation qu'il affiche.

Dégustation

Ce puerh se dégustera aussi bien en théière ou en gaiwan, avec cependant de petites différences de rendu selon le matériel choisi.

Commencez avec des infusions assez courtes, autour de cinq secondes, puis adaptez les durées d'infusion, en rallongeant ou en écourtant légèrement le temps, selon votre ressenti.

C'est un thé riche, généreux et complexe, avec une belle dimension boisée relevée par des touches de date, de miel et de fruits secs. La charpente tannique du thé est bien présente, donne du corps. Elle soutient convenablement, mais sans agressivité, la dégustation.

Maturation

C'est un bon puerh de garde, déjà bien travaillé par une dizaine d'année de maturation naturelle: un thé puissant dont les tannins se sont affinés et qui possède encore un bon potentiel de garde pour le moyen et long terme. Bien qu'il soit déjà très appréciable aujourd’hui, il n'en est qu'au début de son évolution et saura tirer profit d'une maturation plus longue.

Comme tous les puerh, il est préférable, pour favoriser la maturation du thé, de le conserver dans un récipient légèrement aéré (poche en papier ou en carton, boite entre-ouverte ou régulièrement aérée, etc).

Bonnes dégustations et rendez-vous le mois prochain!