Le puerh du mois

Juin 2017: Ten Tiao Cha de Bangxie 2017

Le puerh du mois, une autre manière de découvrir la diversité des thés puerh!



En collaboration avec La cave à puerh et Terre des Thés, nous sommes heureux de vous proposer le puerh du mois, un focus bref et mensuel sur un puerh qui nous a particulièrement marqué.

Jeune puerh brut, puerh fermenté, vieux arbres, arbres sauvages, stockage Hong-Kongais, vieux puerh, etc, grâce à l'abonnement proposé sur le site de Terre des Thés, vous pourrez chaque mois et pour seulement 24€ (ports compris), recevoir chez vous le puerh du mois, en quantité variable selon la valeur et la rareté des thés (une petite galette, 50g à 200g de vracs, ou parfois un ou plusieurs échantillon de 10g), et découvrir ainsi progressivement les multiples facette de l'univers du thé puerh!

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Juin 2017: Ten Tiao Cha de Bangxie 2017(diaporama)



Pour débuter notre tour des puerh primeurs 2017, nous vous proposons un thé d’un petit producteur du village de Bang Xie, dans la région de Lincang. Le puerh brut n’est traditionnellement commercialisé que sous la forme compressée. Le vrac, appelé aussi maocha (littéralement thé « brut » ou inachevé), ne se vend donc généralement pas au détail, mais de paysans à producteurs pour être ensuite compressé en galette.

Avec le Xishuangbanna et Pu’Er, Lincang est une des trois grandes régions productrices du thé puerh. On y trouve notamment des terroirs reconnus tels que Fengqing au nord, Yong De à l’ouest ou encore Shuangjiang qui abrite la célèbre vallée de Mengku. Bangxie est un village peu connu, situé à la frontière entre les cantons de Shahe et de Mengku, à l’extrême sud de ce dernier.

Ce village est tout d’abord habité par les Bulang, un des tout premiers peuples du thé, à qui l’on doit de nombreux jardins anciens (dont certains remontent à plus de 1000 ans) et l’introduction du thé dans diverses montagnes du triangle d’or. Encore aujourd’hui, le quotidien de Bang Xie et la production de puerh sont profondément influencés par la culture et les rites Bulang. Ce lieu est notamment remarquable pour ses Ten Tiao Cha, une méthode traditionnelle et très particulière de taille des théiers qu’il partage avec quelques rares autres villages de Mengku.

Le Ten Tiao Cha se caractérise par une taille très sélective des arbres. Ces derniers ne développent pas de gros troncs comme un Qiao Mu, mais de très longues branches sans ramification qui s’élancent dans les airs et aux extrémités desquelles naissent les bourgeons. Cette taille traditionnelle n’a bien entendu pas qu’un impact esthétique mais marque le caractère du thé produit. Les Ten Tiao Cha de Mengku sont ainsi particulièrement recherchés pour leur typicité et leur qualité gustative.

Le thé de ce mois ci est exclusivement composé de Ten Tiao Cha, âgés d’une cinquantaine d’année, du terroir de Bang Xie. Les feuilles qui proviennent des premières récoltes de printemps de plusieurs jardins du village ont été transformées et triées dans une petite coopérative sous la direction de Mr. Feng. On y retrouve à travers un travail traditionnel et maîtrisé des feuilles, la double marque du terroir de Mengku et de la taille spécifique qui les a conditionnés.

Dégustation

Les maocha contemporains (puerh brut non compressés) sont plus adaptés à une infusion en gaiwan qu’en théière, en raison de la taille volumineuse de leurs feuilles. Si vous avez l’habitude d’utiliser une balance pour doser la quantité, vous pouvez suivre le même grammage qu’un puerh compressé. Si par contre vous dosez votre thé à l’œil, prenez garde au volume important que les feuilles prendront. Là où celles d’un puerh compressé n’occupent qu’un fragment de l’espace du gaiwan, les feuilles d’un maocha, avant infusions, dépassent en général la surface supérieure du gaiwan pour être dosées convenablement (ne vous inquiétez pas, le volume diminue instantanément lors de la première infusion).

Employez de préférence une eau bouillante. Ce thé étant peu tannique, il n’y a aucune raison d’avoir recours à une eau plus tempérée. Selon les choix de chacun, on peut rincer le thé ou le déguster dès la première infusion. Dans le premier cas, la dégustation sera progressive, avec une introduction douce et un bouquet particulièrement riche. A l’inverse, le rinçage du thé provoquera une attaque plus franche et immédiate.

Comme tout puerh brut, les durées d’infusions peuvent varier entre à peine une seconde, et plus de dix secondes en fonction des goûts de chacun et du rendu que vous voudrez obtenir, et nous vous suggérons d’essayer différentes durées pour bien cerner les nombreuses facettes de ce thé.

Des feuilles sèches s’échappent un parfum chaud et épicé. A l’infusion, elles développent des touches chaudes et relevées. On y retrouve le caractère typique d’un puerh primeur, avec un bouquet complexe, porté sur les fleurs et les épicés et de subtiles touches de noisettes. On remarquera beaucoup de délicatesse et de belles notes minérales.

Au fur et à mesure des infusions, ce thé dévoile progressivement sa charpente, avec des tanins souples, sans agressivité au palais mais qui posent de belles sensations dans la gorge, donnent à la dégustation sa tenue et sa persistance, et créent après quelques tasses de beaux retours. On appréciera une très belle longueur, dans les épices et le minéral. Les notes finales sont fraîches, elles peuvent rappeler la feuille de laurier, ou la fraîcheur camphrée typique de puerh plus matures.

Ce thé révèle un travail contemporain soigné, qui exalte les arômes des feuilles, tout en gardant l’oxydation typique d’un puerh. On notera par rapport aux thés du passé (que nous vous avions proposés ces derniers mois), des tanins moins secs, frais et aiguisés, une sensation plus chaude et ronde en bouche et un bouquet plus riche. On garde cependant un caractère typique de thé puerh, avec des arômes clairement sculptés par la chaleur de la dessiccation et une légère oxydation, qui ne tombe pas dans l’excès végétal de certains puerh actuels.

Maturation

Il s’agit d’un puerh contemporain, travaillé de manière à faire ressortir le bouquet et à pouvoir être apprécié dès sa production. Il n’a donc pas le profil d’un thé de longue garde, paré pour affronter plusieurs décennies, mais évoluera cependant de manière rapide et très agréable sur au moins une dizaine d’année. Le fait que les feuilles ne soient pas compressées accélérera encore cette maturation naturelle. Selon les goûts de chacun, on le préférera en primeur l’année de sa production, après une garde très courte de 1 ou 2 ans où les transformations sont très rapides, ou sur une durée plus longue.

Comme tout puerh en vrac, il est suggéré de le conserver dans un récipient inodore légèrement poreux ou occasionnellement aéré (jarre, poche en kraft, boite, etc).

Bonnes dégustations et rendez-vous le mois prochain!